Créer sa micro-entreprise en 2026 : le guide pas à pas (gratuit)

· Mis à jour le

· Par David

Créer sa micro-entreprise en ligne : ordinateur portable ouvert sur une table de cuisine, carnet de notes et tasse de café

Mis à jour le 29 septembre 2026 · chiffres vérifiés sur les sites officiels

Créer sa micro-entreprise se fait en ligne, sur le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr géré par l’INPI, et c’est gratuit pour presque toutes les activités. Compte une petite heure de formulaire si tes documents sont prêts. Le plus important se joue avant : bien décrire ton activité, choisir tes options (ACRE, versement libératoire) et savoir ce qui t’attend après, côté déclarations et factures.

En bref

  • La création se fait uniquement sur formalites.entreprises.gouv.fr : 0 € (seuls les agents commerciaux paient 23,21 €).
  • Tu déclares ton activité au plus tôt 1 mois avant de démarrer, au plus tard 15 jours après.
  • Ton activité détermine ta catégorie (vente, services BIC ou libéral BNC), donc tes cotisations : de 12,3 % à 25,6 % du chiffre d’affaires en 2026.
  • L’ACRE n’est pas automatique : demande-la à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début d’activité.
  • Méfie-toi des sites qui font payer la démarche en imitant un site officiel.

Avant de créer sa micro-entreprise : 3 vérifications

La micro-entreprise (qu’on appelle encore souvent auto-entreprise) est un régime simplifié d’entreprise individuelle. Tu paies des cotisations en pourcentage de ce que tu encaisses, sans comptabilité complexe. C’est le statut le plus courant quand on veut travailler de chez soi à son compte, mais trois points méritent d’être vérifiés avant de remplir le formulaire.

1. Ton activité peut-elle s’exercer en micro-entreprise ?

La grande majorité des activités sont possibles : rédaction, assistanat, graphisme, vente en ligne, cours, couture, développement web… Si tu cherches encore quoi faire, la liste des métiers à exercer de chez soi te donne des pistes concrètes.

Quelques exceptions existent. Certaines professions réglementées demandent un diplôme ou une autorisation que tu devras joindre au dossier. Et certains métiers n’en relèvent pas du tout : une assistante maternelle, par exemple, est salariée des parents qui l’emploient, pas micro-entrepreneuse.

2. Ta situation actuelle le permet-elle ?

  • Salarié du privé : le cumul est possible. La clause d’exclusivité ne vaut que pour un contrat à temps plein, et tu restes tenu à une obligation de loyauté envers ton employeur (pas de concurrence, discrétion).
  • Demandeur d’emploi : tu peux créer et garder une partie de ton allocation, ou demander un capital. Tout est expliqué dans le guide micro-entreprise et chômage.
  • Fonctionnaire : il faut une autorisation écrite de ta hiérarchie avant de créer.

3. Ton chiffre d’affaires restera-t-il sous les plafonds ?

Le régime micro s’arrête au-delà de 203 100 € de chiffre d’affaires annuel pour la vente et de 83 600 € pour les services et les activités libérales (plafonds 2026). Pour démarrer depuis chez soi, c’est rarement un problème. Le détail, y compris le calcul l’année de création, est dans l’article sur le plafond de la micro-entreprise.

Étape 1 : bien définir ton activité (BIC ou BNC)

C’est l’étape la plus importante, parce qu’elle fixe ton taux de cotisations, ton abattement fiscal et l’organisme auquel tu es rattaché. Le formulaire te demande de décrire ton activité avec tes mots, puis la classe dans une catégorie.

CatégorieExemples d’activités à domicileCotisations 2026Abattement fiscal
Vente de marchandises (BIC)vente de créations sur Etsy, revente en ligne12,3 %71 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)couture et retouches, réparation, certaines prestations manuelles21,2 %50 %
Professions libérales non réglementées (BNC, SSI)rédaction web, traduction, graphisme, conseil, cours particuliers25,6 %34 %
Professions libérales réglementées (CIPAV)certaines professions listées (architecte, ostéopathe, psychologue…)23,2 %34 %

[legende] Taux en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Sources : service-public.fr (F36232) et impots.gouv.fr.

Quelques repères pour ne pas te tromper :

  • Commerciale : tu achètes pour revendre, ou tu vends des produits.
  • Artisanale : tu fabriques, transformes ou répares avec tes mains (couture, bijoux faits main, petits travaux). Tu seras inscrit au registre de la Chambre de métiers.
  • Libérale : tu vends un savoir-faire intellectuel (écrire, traduire, conseiller, former, concevoir).

Si tu as deux activités (par exemple vendre des bijoux et donner des cours de création en ligne), tu peux les déclarer ensemble. On parle d’activité mixte : chaque part de ton chiffre d’affaires suit son propre taux, et tu devras les distinguer dans tes déclarations.

À savoir

Une description d’activité trop vague (« services divers ») peut entraîner un mauvais classement, donc un mauvais taux de cotisations. Écris ce que tu fais concrètement : « rédaction de contenus pour sites internet », « retouches de vêtements à domicile ».

Étape 2 : préparer tes documents

Avant de te connecter, rassemble en PDF (10 Mo maximum par fichier, selon l’INPI) :

  • une copie de ta pièce d’identité en cours de validité ;
  • une déclaration sur l’honneur de non-condamnation et attestation de filiation (le modèle est proposé pendant la démarche) ;
  • un justificatif de domiciliation de l’entreprise, par exemple une facture récente d’électricité ou d’internet à ton adresse ;
  • pour une activité réglementée, le diplôme ou l’autorisation exigé.

Tu peux domicilier ton entreprise chez toi. Si tu es locataire ou en copropriété, c’est généralement autorisé pour le siège, mais recevoir des clients est une autre question.

Étape 3 : faire la démarche sur le guichet unique

Voici le parcours dans les grandes lignes. Le tutoriel guichet unique INPI écran par écran détaille chaque page du formulaire.

  1. Va sur formalites.entreprises.gouv.fr et crée ton compte. Le plus simple : FranceConnect+, qui permet aussi de signer électroniquement gratuitement via l’Identité Numérique La Poste.
  2. Clique sur « Créer, modifier ou cesser une entreprise », puis « Créer une entreprise ».
  3. Choisis la forme « Entrepreneur individuel » et réponds « Oui » à « Souhaitez-vous opter pour le statut micro-entrepreneur ? ».
  4. Remplis les rubriques : identité, établissement (adresse, date de début d’activité, description de l’activité), options fiscales et sociales.
  5. Dépose tes pièces justificatives.
  6. Vérifie le récapitulatif, valide, puis signe la demande.

Pour une micro-entreprise classique, aucun paiement n’est demandé à la fin. Si un site te réclame de l’argent pour cette démarche, tu n’es pas sur le site officiel (voir plus bas).

Quand faire la démarche ?

La déclaration se fait au plus tôt 1 mois avant le début de ton activité et au plus tard dans les 15 jours qui suivent (service-public.fr, F36746). La date de début d’activité que tu indiques compte : elle sert de point de départ à l’ACRE, aux options fiscales et à ta première déclaration de chiffre d’affaires.

Étape 4 : choisir tes options

Le formulaire te pose quelques questions qui ont des conséquences réelles. Prends 10 minutes pour y réfléchir.

La périodicité de déclaration : mensuelle ou trimestrielle

Tu déclareras ton chiffre d’affaires à l’URSSAF chaque mois ou chaque trimestre, et tu paieras tes cotisations au même rythme. Le trimestriel demande moins de démarches. Le mensuel lisse les paiements. Aucun des deux ne coûte plus cher.

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu

Avec cette option, tu paies ton impôt sur le revenu en même temps que tes cotisations, en pourcentage de ton chiffre d’affaires :

ActivitéTaux du versement libératoire
Vente de marchandises1 %
Prestations de services BIC1,7 %
Prestations BNC2,2 %

Elle est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un plafond par part : pour une option en 2026, le revenu de 2024 doit être au plus de 29 315 € par part (impots.gouv.fr). Pour une option en 2027, le seuil est de 29 579 € par part sur le revenu de 2025. En cas de création, tu as jusqu’au dernier jour du 3e mois qui suit la création pour opter.

Est-ce intéressant ? Cela dépend du taux d’imposition de ton foyer : l’option a tendance à être plus avantageuse quand ce taux est élevé, et peu intéressante si tu n’es pas imposable (tu paierais un impôt que tu n’aurais pas payé autrement). Fais une simulation avant de cocher.

L’ACRE

L’ACRE réduit tes cotisations au début de ton activité. Pour une micro-entreprise créée depuis le 1er juillet 2026, tu paies 75 % du taux normal (soit 25 % d’exonération) jusqu’à la fin du 3e trimestre civil qui suit ton début d’activité. Exemple donné par service-public.fr : un électricien paie 15,9 % au lieu de 21,2 %.

Elle concerne notamment les demandeurs d’emploi indemnisés, les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, les 18-25 ans, et les créations en quartier prioritaire (QPV) ou en zone France Ruralités Revitalisation (ZFRR).

À savoir

En micro-entreprise, l’ACRE n’est pas automatique. Tu dois envoyer le formulaire de demande à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent ton début d’activité. Sans réponse sous 30 jours, la demande est acceptée. Si tu es au chômage et que tu vises l’ARCE (le versement en capital), l’ACRE est obligatoire : ne rate pas ce délai.

Micro-entreprise au démarrage : première facture imprimée rangée dans une pochette sur un bureau en bois clair
Après la création : factures, déclarations et compte dédié.

Étape 5 : après l’envoi, ce que tu reçois

Une fois ton dossier transmis, tu reçois un récépissé de dépôt (valable 1 mois au maximum, jusqu’à l’immatriculation). Ton entreprise est ensuite inscrite au Registre national des entreprises (RNE) et l’INSEE t’attribue :

  • un numéro SIREN (9 chiffres), l’identifiant de ton entreprise ;
  • un numéro SIRET (14 chiffres), celui de ton établissement, à mettre sur tes factures ;
  • un code APE, qui décrit ton activité principale.

Combien de temps faut-il attendre ? Aucun délai officiel n’est publié. En pratique, cela va de quelques jours à plusieurs semaines selon le dossier et la période. Si une pièce manque, tu es prévenu par e-mail et tu dois compléter ton dossier depuis ton tableau de bord. Évite donc de promettre une date de démarrage précise à un client tant que tu n’as pas ton SIRET.

Étape 6 : les démarches à faire juste après

Une fois ton SIRET reçu, quelques actions t’éviteront des soucis plus tard.

Créer ton espace URSSAF

Crée ton compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr. C’est là que tu déclareras ton chiffre d’affaires et que tu paieras tes cotisations. Pense aussi à demander l’ACRE si tu y as droit.

Créer ton espace professionnel sur impots.gouv.fr

Il te servira à recevoir ton avis de CFE (qui n’est plus envoyé par courrier) et, plus tard, à gérer la TVA si tu dépasses les seuils.

Ouvrir un compte bancaire dédié

La loi impose un compte séparé de ton compte personnel seulement si ton chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Ce n’est pas forcément un « compte pro » : un second compte courant à ton nom suffit. En pratique, séparer dès le départ simplifie beaucoup tes déclarations.

Te préparer à facturer

Dès ton premier client, ta facture doit comporter des mentions précises : ton nom suivi de « EI » ou « Entrepreneur individuel », ton SIREN, un numéro de facture unique et chronologique, et, si tu es en franchise de TVA, la mention « TVA non applicable, art. L. 223 et s. du CIBS » (anciennement « art. 293 B du CGI »). Depuis le 1er septembre 2026, s’y ajoutent notamment le SIREN du client (s’il en a un) et la nature de l’opération. La liste complète est dans l’article sur les mentions obligatoires d’une facture.

Tu dois aussi tenir un livre des recettes (la liste de ce que tu encaisses), et un registre des achats si tu vends des marchandises. Un tableur suffit au départ.

Penser à l’assurance

La responsabilité civile professionnelle n’est obligatoire que pour certaines activités (professions réglementées, garantie décennale dans le bâtiment…). Pour les autres, Bpifrance la juge « toujours très fortement recommandée ». Renseigne-toi selon ton activité avant de signer ton premier contrat.

Ce que ça coûte de créer (et de faire vivre) sa micro-entreprise

PosteMontant
Immatriculation sur le guichet unique0 € (23,21 € pour les agents commerciaux)
Cotisations socialesun pourcentage de ce que tu encaisses : 0 € si tu ne vends rien
Contribution à la formation professionnelle (CFP)0,1 % à 0,3 % du chiffre d’affaires
Taxe pour frais de chambre consulaire0 € si ton CA est inférieur ou égal à 5 000 € ; libéraux non concernés
CFE0 € l’année de création ; ensuite, exonération si ton CA de l’année N-2 ne dépasse pas 5 000 €
Compte bancairede 0 € à quelques euros par mois selon ton choix
Assurance RC Provariable selon l’activité (obligatoire ou non)

[legende] Sources : service-public.fr (F36746, F37483, F23547), entreprises.gouv.fr (CFP).

La CFE (cotisation foncière des entreprises) est l’impôt local des entreprises, dû même si tu travailles chez toi. Tu en es exonéré l’année de création, ta base est réduite de moitié l’année suivante, et tu es exonéré tant que ton chiffre d’affaires de l’année N-2 reste sous 5 000 €. Au-delà, le montant dépend de ta commune. Le paiement se fait avant le 15 décembre, depuis ton espace professionnel.

Les cotisations se calculent simplement. Exemple : une rédactrice web (BNC) qui encaisse 2 000 € dans le mois paie 512 € de cotisations (25,6 %) et 4 € de CFP (0,2 %), soit 516 €. Tous les taux et d’autres exemples sont dans l’article sur les cotisations du micro-entrepreneur.

Ta première déclaration de chiffre d’affaires

Même si tu n’as encore rien encaissé, tu devras déclarer. La première déclaration intervient après tes 90 premiers jours d’activité environ et peut couvrir plus de 3 mois. Ensuite :

  • en mensuel, tu déclares avant la fin du mois suivant (le CA de juin avant le 31 juillet) ;
  • en trimestriel, avant le 30 avril, le 31 juillet, le 31 octobre et le 31 janvier.

Un chiffre d’affaires nul se déclare aussi : oublier une déclaration coûte une pénalité (60,10 € par déclaration manquante selon service-public.fr). Tout le pas à pas est dans le guide pour déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF.

Et la TVA ? Tant que ton chiffre d’affaires reste sous 37 500 € (services) ou 85 000 € (vente), tu es en franchise : tu ne factures pas de TVA. Les règles de dépassement sont expliquées dans l’article sur la TVA du micro-entrepreneur.

Les pièges à éviter

Attention arnaque

Des sites privés proposent de « créer ton auto-entreprise » contre 50, 100 € ou plus, avec un design, des couleurs ou un nom qui font penser à un site officiel. La DGCCRF rappelle que ces sites ne sont pas illégaux en eux-mêmes, mais que leurs pratiques sont parfois trompeuses. La démarche officielle est gratuite et se fait uniquement sur formalites.entreprises.gouv.fr. Vérifie l’adresse dans ta barre de navigation avant de saisir quoi que ce soit.

Autres pièges fréquents :

  • Les courriers payants après la création. Dans les semaines qui suivent, tu peux recevoir des courriers ou e-mails qui ressemblent à des factures officielles (inscription à un « registre », « annuaire des entreprises », affichage obligatoire…). Tu n’as rien à payer pour exister au RNE. Lis les petites lignes : il s’agit souvent d’une offre commerciale déguisée.
  • Oublier la demande d’ACRE. Le délai de 60 jours passe vite, surtout pendant l’attente du SIRET.
  • Choisir le versement libératoire sans simuler. Si ton foyer n’est pas imposable, il peut te faire payer un impôt inutile.
  • Ne pas mettre de côté. Réserve dès chaque encaissement le pourcentage de tes cotisations (et de ton impôt) sur un compte à part.
  • Croire que les frais se déduisent. En micro-entreprise, tu ne déduis pas tes dépenses réelles : l’administration applique un abattement forfaitaire. Si tu as beaucoup de frais, le régime peut devenir moins intéressant.

Micro-entreprise ou société ?

La micro-entreprise convient à la plupart des débuts à domicile : création gratuite, gestion légère, pas de cotisations si tu n’encaisses rien. Une société (SASU, EURL) peut devenir pertinente si tu as beaucoup de frais, si tu dépasses durablement les plafonds, ou si tu veux t’associer. Elle coûte plus cher à créer et à gérer (statuts, comptabilité complète, souvent un expert-comptable).

Questions fréquentes

Combien coûte la création d’une micro-entreprise ?

Rien pour la plupart des activités. L’immatriculation est gratuite sur formalites.entreprises.gouv.fr. Seuls les agents commerciaux paient 23,21 € pour leur inscription au registre spécial. Tout site qui te fait payer la démarche de base propose un service privé.

Combien de temps faut-il pour obtenir son SIRET ?

Il n’existe pas de délai officiel. Selon le dossier et la période, cela peut prendre de quelques jours à plusieurs semaines. Un dossier complet, avec des pièces lisibles, évite les allers-retours.

Peut-on créer une micro-entreprise en étant salarié ?

Oui. La clause d’exclusivité de ton contrat ne s’applique que si tu es à temps plein, et tu dois respecter ton obligation de loyauté : pas de concurrence avec ton employeur, et l’activité se fait en dehors de ton temps de travail.

Faut-il déclarer son chiffre d’affaires si on ne gagne rien ?

Oui. La déclaration est obligatoire même à zéro. Tu ne paies alors aucune cotisation, mais l’oubli entraîne une pénalité.

Peut-on créer sa micro-entreprise avant d’avoir des clients ?

Oui, et c’est même conseillé pour pouvoir facturer dès ton premier client. Tu peux déclarer ton activité jusqu’à 1 mois avant son début. Comme les cotisations dépendent de ce que tu encaisses, une micro-entreprise sans chiffre d’affaires ne coûte rien en cotisations.