Auto-entrepreneur et chômage : cumul ARE, ARCE et calcul

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· Par David

Micro-entreprise et chômage : enveloppe administrative, calendrier et ordinateur portable sur un bureau à domicile

Mis à jour le 29 septembre 2026 · chiffres vérifiés sur les sites officiels

Si tu touches l’allocation chômage (ARE) et que tu crées ta micro-entreprise, tu as deux possibilités : garder une partie de ton allocation chaque mois en plus de ton activité, ou demander l’ARCE, un capital égal à 60 % de tes droits restants versé en deux fois. Les deux ne se cumulent pas. Le bon choix dépend surtout du chiffre d’affaires que tu attends les premiers mois et de ton besoin de trésorerie.

En bref

  • Option 1, le maintien de l’ARE : chaque mois, 70 % de ton revenu d’activité est déduit de ton allocation.
  • Pour un micro-entrepreneur, ce revenu est le chiffre d’affaires après abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %), selon l’Unédic.
  • Depuis le 1er avril 2025, ce cumul est limité à 60 % des droits restants à la date de création.
  • Option 2, l’ARCE : 60 % des droits restants en capital, versé en deux fois, à condition d’avoir obtenu l’ACRE.
  • Dans tous les cas, préviens ton conseiller France Travail de ta création.

Micro-entreprise et chômage : les deux options

Maintien partiel de l’AREARCE (capital)
PrincipeTu gardes une partie de ton allocation chaque moisTu reçois 60 % de tes droits restants en capital
VersementMensuel, selon tes revenus du moisEn 2 fois, à 6 mois d’intervalle
Condition particulièreDéclarer tes revenus chaque moisAvoir obtenu l’ACRE
Limite60 % des droits restants à la date de création60 % des droits restants, moins une retenue de 3 %
Intéressant siTon activité démarre doucement ou de façon irrégulièreTu as besoin d’argent pour investir, ou tu comptes vite gagner ta vie

[legende] Sources : Unédic, France Travail, service-public.fr. Les deux options ne se cumulent pas.

Option 1 : cumuler l’ARE avec ta micro-entreprise

Le calcul

Chaque mois, France Travail retire de ton allocation mensuelle 70 % de ton revenu brut tiré de l’activité. Le résultat est converti en nombre de jours indemnisés :

Jours indemnisés = (allocation mensuelle − 70 % du revenu) ÷ allocation journalière

Selon l’Unédic, le nombre de jours obtenu est arrondi à l’entier le plus proche. Depuis le 1er avril 2025, l’allocation est calculée sur une base fixe de 30 jours par mois.

Quel revenu est pris en compte en micro-entreprise ?

Pas ton chiffre d’affaires brut. D’après la fiche de l’Unédic sur le cumul, pour les micro-entrepreneurs, on applique d’abord l’abattement forfaitaire de ton activité au chiffre d’affaires :

ActivitéAbattementRevenu retenu pour 1 000 € de CA
Vente de marchandises71 %290 €
Prestations de services BIC50 %500 €
Libéral BNC34 %660 €

[legende] L’abattement minimum est de 305 €. Source : Unédic, fiche « Cumul ARE-rémunération ».

C’est ensuite 70 % de ce revenu qui est déduit de ton allocation. La situation est régularisée une fois par an, sur la base de tes justificatifs de revenus (tes déclarations URSSAF notamment). Fais confirmer par ton conseiller la façon dont tes revenus seront pris en compte chaque mois, en particulier si tu déclares ton chiffre d’affaires au trimestre.

Trois exemples chiffrés

Prenons une personne dont l’allocation journalière est de 40 €, soit 1 200 € par mois (30 jours).

Une traductrice (libéral BNC) qui encaisse 1 500 € dans le mois

  1. Revenu retenu : 1 500 × (1 − 34 %) = 990 €
  2. 70 % de ce revenu : 693 €
  3. Jours indemnisés : (1 200 − 693) ÷ 40 = 12,675, arrondi à 13 jours
  4. ARE versée : 13 × 40 = 520 €

Ce mois-là, elle perçoit 520 € d’ARE en plus de ses 1 500 € de chiffre d’affaires (sur lesquels elle paie ses cotisations). Pour ce métier, voir la fiche traducteur indépendant.

Un revendeur en ligne (vente) qui encaisse 3 000 € dans le mois

  1. Revenu retenu : 3 000 × (1 − 71 %) = 870 €
  2. 70 % de ce revenu : 609 €
  3. Jours indemnisés : (1 200 − 609) ÷ 40 = 14,775, arrondi à 15 jours
  4. ARE versée : 15 × 40 = 600 €

Une couturière (services BIC) qui encaisse 600 € dans le mois

  1. Revenu retenu : 600 × (1 − 50 %) = 300 €
  2. 70 % de ce revenu : 210 €
  3. Jours indemnisés : (1 200 − 210) ÷ 40 = 24,75, arrondi à 25 jours
  4. ARE versée : 25 × 40 = 1 000 €

Un mois sans chiffre d’affaires, l’allocation est versée en entier (1 200 € dans cet exemple). Les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils restent dans tes droits et prolongent ta période d’indemnisation, dans la limite du plafond ci-dessous.

Le plafond de 60 % depuis avril 2025

Depuis le 1er avril 2025, le cumul de l’ARE avec les revenus d’une entreprise créée est limité à 60 % des droits qui te restaient à la date de création. Une fois ce plafond atteint, le versement de l’allocation s’arrête. Concrètement, tu ne peux plus « étirer » tes droits aussi longtemps qu’avant. Demande à ton conseiller de te préciser ce que ce plafond représente dans ton cas.

Option 2 : l’ARCE, le capital de départ

Le montant

L’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) est égale à 60 % de tes droits ARE restants, pour les droits ouverts depuis le 1er juillet 2023 (45 % avant, selon France Travail). France Travail indique aussi une retenue de 3 % au titre de la retraite complémentaire.

Exemple : il te reste 300 jours de droits à 40 € par jour.

  1. Droits restants : 300 × 40 = 12 000 €
  2. ARCE brute : 12 000 × 60 % = 7 200 €
  3. Après la retenue de 3 % : 7 200 × 0,97 = 6 984 €
  4. Deux versements de 3 492 €

Le versement en deux fois

  • La première moitié est versée quand toutes les conditions sont réunies.
  • La seconde moitié arrive 6 mois plus tard, si tu exerces toujours ton activité et, depuis le 1er avril 2025, si tu n’occupes pas un CDI à temps plein.

Les conditions

  • Avoir créé ou repris une entreprise après la fin de ton contrat de travail.
  • Avoir droit à l’ARE.
  • Avoir obtenu l’ACRE. C’est la condition la plus souvent oubliée : en micro-entreprise, l’ACRE n’est pas automatique et se demande à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début d’activité. Le détail est dans le guide ACRE 2026.

À savoir

Si ton activité s’arrête après une ARCE, tu peux sous conditions retrouver le reliquat de tes droits. Mais depuis le 1er avril 2025, il faut avoir cessé l’activité, et le paiement ne reprend qu’après un différé. L’ARCE est donc un vrai pari sur ton projet : ne la choisis pas seulement parce que le montant paraît attractif.

Comment choisir ?

Pose-toi trois questions :

  1. As-tu besoin d’argent tout de suite ? Matériel, stock, formation, site internet : si ton projet demande un investissement, l’ARCE te donne un capital immédiat.
  2. Ton chiffre d’affaires sera-t-il faible ou irrégulier au début ? C’est le cas de la plupart des activités de services à domicile (rédaction, assistanat, cours). Le maintien de l’ARE te sert alors de filet de sécurité, mois après mois.
  3. Quel est ton plan si ça ne marche pas ? Avec le maintien, tes droits non consommés restent disponibles. Avec l’ARCE, tu as déjà touché une partie importante de tes droits.

Il n’y a pas de bonne réponse universelle. Si tu hésites, fais les deux calculs avec tes vrais chiffres et parles-en à ton conseiller France Travail avant de créer. Pour aller plus loin sur la transition, lis notre guide reconversion : passer à son compte sans se mettre en danger.

Les démarches, dans l’ordre

  1. Parle de ton projet à ton conseiller France Travail avant de créer, pour connaître ton reliquat de droits.
  2. Crée ta micro-entreprise sur le guichet unique, gratuitement : voir le guide pour créer sa micro-entreprise.
  3. Demande l’ACRE à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent ton début d’activité (indispensable pour l’ARCE, et utile dans tous les cas : tes cotisations sont réduites de 25 %).
  4. Déclare ta création à France Travail et choisis ton option. Pour l’ARCE, remplis le formulaire de demande et fournis un justificatif de création (attestation d’immatriculation) et la preuve de l’ACRE.
  5. Si tu choisis le maintien : lors de ton actualisation mensuelle, déclare ton activité et tes revenus comme te l’indique France Travail.
  6. Déclare ton chiffre d’affaires à l’URSSAF à chaque échéance, même à zéro : voir le guide pour déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF.

Questions fréquentes

Peut-on toucher le chômage en étant micro-entrepreneur ?

Oui. Tu peux garder une partie de ton ARE chaque mois : 70 % de ton revenu d’activité (chiffre d’affaires après abattement) est déduit de ton allocation. Depuis avril 2025, ce cumul est limité à 60 % des droits restants à la date de création.

Quel est le montant de l’ARCE en 2026 ?

60 % de tes droits ARE restants pour les droits ouverts depuis le 1er juillet 2023, avec une retenue de 3 % pour la retraite complémentaire selon France Travail. Il est versé en deux fois, à six mois d’intervalle.

Faut-il l’ACRE pour toucher l’ARCE ?

Oui. L’ACRE est une condition obligatoire de l’ARCE. En micro-entreprise, pense à la demander à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent ton début d’activité.

Peut-on cumuler l’ARCE et le maintien de l’ARE ?

Non, il faut choisir l’une des deux options.

Le chiffre d’affaires est-il déduit en entier de mon allocation ?

Non. En micro-entreprise, on applique d’abord l’abattement de ton activité (71 %, 50 % ou 34 %), puis on retient 70 % du résultat.