Mis à jour le 6 octobre 2026 · règles et chiffres vérifiés sur les sites officiels
Le portage salarial te permet de travailler comme un indépendant, en trouvant tes clients et en fixant tes prix, tout en étant salarié d’une société de portage qui facture à ta place et te verse un salaire. Par rapport à l’auto-entrepreneur, tu gagnes une meilleure protection sociale (régime des salariés), mais il te reste nettement moins en poche pour le même chiffre d’affaires : sur l’exemple de 40 000 € détaillé plus bas, environ 20 800 € net avant impôt en portage, contre 29 680 € en micro-entreprise avant frais. Le portage est aussi réservé à certains profils et à des missions pour des entreprises.
En bref
- Portage salarial : relation à trois entre toi, une société de portage et l’entreprise cliente ; tu es salarié en CDD ou en CDI.
- Conditions : expertise, autonomie, et un niveau bac + 2 ou 3 ans d’expérience dans ton secteur ; les services à la personne sont exclus.
- Coût : frais de gestion de la société (5 % du chiffre d’affaires chez Freeteam, forfait à partir de 99 € HT par mois chez Jump, tarifs constatés en octobre 2026), plus les cotisations salariales et patronales.
- Micro-entreprise : 25,6 % de cotisations en libéral en 2026, création gratuite, mais protection sociale plus faible.
- Règle simple : le portage se justifie surtout pour tester une activité de conseil auprès d’entreprises en gardant le statut de salarié.
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Comment fonctionne le portage salarial
Le portage salarial est une « relation contractuelle tripartite », selon le ministère de l’Économie :
- toi, le salarié porté : tu trouves tes missions, tu négocies le prix et les conditions avec le client, tu réalises la prestation ;
- l’entreprise de portage : elle signe le contrat commercial avec ton client, lui facture la prestation, encaisse le paiement et te verse un salaire après avoir retenu ses frais de gestion et les cotisations ;
- l’entreprise cliente : elle paie la société de portage, pas toi directement.
La société de portage n’a aucune obligation de te fournir du travail : la prospection reste à ta charge, comme en micro-entreprise. Elle doit en revanche souscrire une garantie financière, tenir pour toi un compte d’activité et te transmettre chaque mois le détail des sommes reçues, de ta rémunération et des frais de gestion.
Les conditions légales
| Condition | Ce que prévoit la règle |
|---|---|
| Profil du salarié porté | Expertise, qualification et autonomie : niveau 5 (bac + 2) ou au moins 3 ans d’expérience dans le secteur |
| Activités exclues | Services à la personne : garde d’enfants, aide aux personnes âgées, travaux ménagers, soutien scolaire, jardinage chez les particuliers |
| Type de mission | Tâches occasionnelles qui ne relèvent pas de l’activité normale de l’entreprise cliente, ou besoin ponctuel d’expertise |
| Durée d’une mission chez un même client | 36 mois au maximum |
| Contrat de travail | CDD (18 mois au maximum, renouvelable deux fois) ou CDI |
| Rémunération minimale | Minimum fixé par accord de branche étendu ou, à défaut, 75 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale pour un temps plein |
| Indemnité d’apport d’affaires | Prévue par le contrat ou, à défaut, 5 % de la rémunération due |
[legende] Sources : economie.gouv.fr, « Indépendants : dans quels cas pouvez-vous utiliser le portage salarial ? » (5 novembre 2025) ; fiche « Portage salarial » du Code du travail numérique (mise à jour le 28 mai 2026). La convention collective de branche des salariés en portage salarial du 22 mars 2017 fixe ses propres minima : consulte-la sur Légifrance.
En 2026, le plafond mensuel de la Sécurité sociale est de 4 005 €. Le minimum légal par défaut, 75 % de ce plafond, représente donc 3 003,75 € brut par mois pour un temps plein. C’est un point à garder en tête pour les petits chiffres d’affaires : il faut facturer assez pour que l’enveloppe couvre ce salaire.
Portage salarial ou auto-entrepreneur : les différences
L’auto-entrepreneur (micro-entrepreneur, son nom officiel) est une entreprise individuelle avec des cotisations calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Le détail du régime est dans notre page statut auto-entrepreneur.
| Critère | Portage salarial | Micro-entreprise |
|---|---|---|
| Statut | Salarié de la société de portage | Travailleur indépendant |
| Création | Contrat avec une société de portage | Déclaration gratuite sur formalites.entreprises.gouv.fr |
| Clients possibles | Entreprises, pour des missions ponctuelles ou d’expertise | Entreprises et particuliers |
| Activités | Pas de services à la personne ; profil bac + 2 ou 3 ans d’expérience | Presque toutes, sauf exceptions réglementées |
| Facturation et encaissement | Par la société de portage | Par toi |
| Coût de fonctionnement | Frais de gestion de la société | Quasi nul (compte séparé, logiciel de facturation gratuit possible) |
| Cotisations | Salariales et patronales, sur ton salaire | 25,6 % du CA en libéral (BNC), 21,2 % en services BIC, en 2026 |
| Protection sociale | Régime des salariés | Régime des indépendants, plus faible avec un petit CA |
| Plafond de chiffre d’affaires | Aucun | 83 600 € en services et libéral en 2026 |
[legende] Sources : economie.gouv.fr (portage salarial), entreprendre.service-public.gouv.fr (taux de cotisations F36232 et plafonds F32353).

Exemple chiffré : 40 000 € de chiffre d’affaires
Prenons un consultant qui facture 40 000 € HT sur l’année à des entreprises, depuis chez lui, avec peu de frais professionnels.
| Portage salarial | Micro-entreprise (BNC) | |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires HT | 40 000 € | 40 000 € |
| Frais de gestion (5 %) | − 2 000 € | 0 € |
| Enveloppe disponible pour le salaire (coût employeur) | 38 000 € | — |
| Salaire brut annuel | ≈ 26 660 € (≈ 2 220 € par mois) | — |
| Cotisations patronales et salariales | ≈ 17 200 € | − 10 240 € (25,6 %) |
| Contribution à la formation professionnelle | incluse | − 80 € (0,2 %) |
| Revenu net avant impôt et avant frais | ≈ 20 800 € | 29 680 € |
[legende] Exemple fictif. Portage : frais de gestion de 5 % (taux affiché par Freeteam en octobre 2026), salaire calculé à partir d’un coût employeur de 38 000 € par an avec le simulateur officiel mon-entreprise.urssaf.fr (salarié en CDI, interrogé le 6 octobre 2026). Le net réel dépend de la société de portage, de la mutuelle, de la prévoyance et des réserves prévues par la convention collective. Micro-entreprise : taux 2026 de service-public.fr ; les frais professionnels restent à payer sur le revenu affiché.
Ce que montre l’exemple :
- la micro-entreprise laisse environ 8 900 € de plus avant impôt sur ce chiffre d’affaires ;
- en portage, tu achètes une protection : tu cotises comme un salarié pour la maladie, la retraite de base et complémentaire, et l’assurance chômage ;
- le salaire brut obtenu (≈ 2 220 € par mois) est inférieur au minimum de 3 003,75 € prévu pour un temps plein. Avec 40 000 € de chiffre d’affaires, demande à la société de portage, avant de signer, comment elle déclare ton temps de travail et ce qui se passe si l’enveloppe ne suffit pas ;
- en micro-entreprise, avec un chiffre d’affaires faible, la retraite est le point faible : vérifie les montants qui valident tes trimestres dans retraite et auto-entrepreneur.
À savoir
Un exemple ne remplace pas une simulation sur ta situation. Les sociétés de portage proposent toutes un simulateur : compare le net annoncé, la liste des frais (entrée, sortie, options, assurance) et ce qui est inclus. Méfie-toi d’un pourcentage bas qui cache des frais annexes.
Les frais de gestion du portage salarial
Chaque société fixe librement ses frais. En octobre 2026, deux modèles coexistent :
- un pourcentage du chiffre d’affaires : par exemple 5 % chez Freeteam, sans frais d’entrée ni de sortie selon sa page tarifs ;
- un forfait mensuel : par exemple à partir de 99 € HT par mois chez Jump, selon le chiffre d’affaires encaissé sur les 12 derniers mois.
Le guide publié par Jump situe les frais du marché « généralement entre 5 % et 15 % ». Ce sont des tarifs constatés sur les sites des sociétés, à revérifier au moment de signer. Pour un petit chiffre d’affaires, un forfait fixe pèse proportionnellement plus lourd qu’un pourcentage ; pour un gros chiffre d’affaires, c’est l’inverse.
Avis sur le portage salarial : avantages et limites
Les avantages
- Statut de salarié : bulletin de salaire, régime général, assurance chômage, retraite complémentaire.
- Aucune démarche de création et pas de comptabilité à tenir.
- Pas de plafond de chiffre d’affaires, contrairement à la micro-entreprise (83 600 € en services en 2026).
- Une transition en douceur : tu peux tester une activité de conseil sans quitter le salariat.
Les limites
- Moins de revenu net pour le même chiffre d’affaires, comme le montre l’exemple.
- Réservé à certains profils (bac + 2 ou 3 ans d’expérience) et à des missions pour des entreprises.
- Pas de services à la personne : impossible pour le ménage, la garde d’enfants, le soutien scolaire.
- Dépendance à la société de portage pour la facturation et le versement de ton salaire : choisis une société qui justifie de sa garantie financière.
Pour qui le portage salarial est-il adapté ?
Le portage salarial a du sens si tu coches plusieurs de ces cases :
- tu es consultant, formateur, chef de projet, développeur ou expert dans un domaine, avec de l’expérience ;
- tes clients sont des entreprises, avec des missions de plusieurs semaines ou plusieurs mois ;
- ton tarif journalier est élevé, ce qui laisse de la marge après frais et cotisations ;
- tu tiens à garder le statut de salarié et sa protection sociale ;
- tu veux tester une activité avant de créer ta structure.
La micro-entreprise reste plus adaptée si tu démarres avec des clients particuliers, des petits montants, des ventes ou une activité exclue du portage. Si tu reçois des allocations chômage et que tu crées ta micro-entreprise, regarde aussi les règles de cumul dans micro-entreprise et chômage.
Et si ton activité grandit au point d’approcher les plafonds, une troisième voie existe : la société (EURL, SASU), comparée dans notre page auto-entrepreneur ou SASU.
Passer de l’un à l’autre
Les deux statuts ne s’excluent pas pour toujours :
- Du portage vers la micro-entreprise : quand tes clients sont fidèles et que tu veux garder plus de revenu, tu crées ta micro-entreprise gratuitement (le guide pas à pas) et tu factures en direct. Vérifie les conditions de fin de ton contrat de portage.
- De la micro-entreprise vers le portage : utile pour une grosse mission ponctuelle auprès d’une entreprise qui exige un salarié porté, ou si tu risques de dépasser durablement les plafonds.
- Avec une plateforme : si tu trouves une mission sur une plateforme freelance et veux la facturer via une société de portage, vérifie d’abord que les conditions de la plateforme et de la société le permettent.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le portage salarial ?
C’est une relation à trois entre un professionnel autonome, une entreprise de portage et une entreprise cliente. Le professionnel trouve ses missions et négocie ses prix ; la société de portage facture le client et le rémunère comme salarié, en CDD ou en CDI.
Combien coûte une société de portage salarial ?
Les frais de gestion varient selon les sociétés : 5 % du chiffre d’affaires chez Freeteam, un forfait à partir de 99 € HT par mois chez Jump (tarifs constatés en octobre 2026). S’y ajoutent les cotisations sociales salariales et patronales, qui représentent la plus grosse part.
Quel est le salaire minimum en portage salarial ?
La loi renvoie aux minima fixés par accord de branche étendu ou, à défaut, à 75 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale pour un temps plein, soit 3 003,75 € brut par mois en 2026. La convention collective de branche du 22 mars 2017 précise ses propres niveaux.
Peut-on toucher le chômage en portage salarial ?
Le salarié porté relève du régime des salariés et cotise à l’assurance chômage. À la fin d’un contrat, France Travail examine tes droits selon les règles générales de l’assurance chômage.
Portage salarial ou auto-entrepreneur, que choisir ?
Avec peu de frais, des clients particuliers ou un petit chiffre d’affaires, la micro-entreprise laisse plus de revenu net. Le portage convient aux experts qui travaillent pour des entreprises et veulent garder la protection d’un salarié, en acceptant de gagner moins à chiffre d’affaires égal.
Sources
- Indépendants : dans quels cas pouvez-vous utiliser le portage salarial ? (economie.gouv.fr)
- Portage salarial (Code du travail numérique)
- Cotisations sociales du micro-entrepreneur (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Plafonds de chiffre d’affaires de la micro-entreprise (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Simulateur de salaire (mon-entreprise.urssaf.fr)
- Convention collective des salariés en portage salarial du 22 mars 2017 (Légifrance)
