CFE auto-entrepreneur 2026 : montant, exonération, paiement

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· Par David

CFE auto-entrepreneur : avis d'impôt posé sur un bureau à côté d'un calendrier de décembre, d'une calculatrice et d'un stylo

Mis à jour le 30 septembre 2026 · chiffres vérifiés sur les sites officiels

La CFE d’un auto-entrepreneur se paie au plus tard le 15 décembre, en ligne, à partir d’un avis que tu trouves uniquement dans ton espace professionnel sur impots.gouv.fr : aucun courrier n’est envoyé. Tu ne paies rien l’année de création, la base est réduite de moitié l’année suivante, et tu es exonéré si ton chiffre d’affaires de référence ne dépasse pas 5 000 €. Au-delà, le montant dépend de ta commune et de ton chiffre d’affaires : de quelques dizaines à quelques centaines d’euros pour la plupart des activités exercées depuis chez soi.

En bref

  • Année de création : pas de CFE, à condition de déposer la déclaration initiale 1447-C-SD avant le 31 décembre.
  • Année suivante : base d’imposition réduite de 50 %.
  • CA de référence ≤ 5 000 € : exonération totale (CA de l’année N-2, ou de la 1re année si tu as créé en N-1).
  • Montant : base minimum fixée par ta commune (entre 250 € et 597 € si ton CA est ≤ 10 000 €) × taux voté par la commune.
  • Paiement : avis en ligne en novembre, à régler au plus tard le 15 décembre, sinon majoration de 5 %.

CFE auto-entrepreneur : qui doit la payer ?

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local. Elle finance les communes et intercommunalités. Tout micro-entrepreneur (le nom officiel de l’auto-entrepreneur) y est soumis dès qu’il exerce une activité professionnelle non salariée, de manière habituelle, en France. Travailler depuis chez soi ne dispense pas de la CFE : service-public.fr le précise noir sur blanc, l’auto-entrepreneur qui exerce à domicile ou chez ses clients reste redevable.

Ce n’est pas une cotisation URSSAF : elle ne passe pas par ta déclaration de chiffre d’affaires. Elle est gérée par les impôts, avec son propre avis et sa propre échéance.

Les activités exonérées de droit

Certaines activités ne paient jamais la CFE, quel que soit le chiffre d’affaires. Pour un auto-entrepreneur, les cas les plus courants sont :

  • l’artisan qui travaille seul (ou avec une main-d’œuvre très réduite : famille, apprenti) ;
  • l’artiste-auteur (écrivain, illustrateur, photographe auteur…), sauf les auteurs de logiciels ;
  • le vendeur à domicile indépendant (VDI), sous conditions ;
  • le propriétaire qui loue une partie meublée de sa résidence principale ;
  • certains chauffeurs de taxi ou d’ambulance, sous conditions.

La liste complète est sur la fiche CFE de service-public.fr. Attention : un rédacteur web ou un graphiste qui facture des prestations en micro-entreprise n’est pas automatiquement « artiste-auteur ». Ce statut suppose des revenus de droits d’auteur déclarés comme tels.

Les 3 exonérations et réductions à connaître

1. L’année de création : rien à payer, mais une déclaration à faire

Tu es exonéré de CFE l’année où tu crées ta micro-entreprise, quelle que soit la date de création (janvier ou décembre, c’est pareil). Pour en bénéficier, service-public.fr indique que tu dois déposer la déclaration initiale n° 1447-C-SD au plus tard le 31 décembre de l’année de création, auprès du service des impôts des entreprises (SIE) dont tu dépends. Cette déclaration sert aussi à indiquer si tu travailles chez toi ou dans un local.

Si tu as créé ta micro-entreprise en 2026 et que tu n’as rien envoyé, fais-le avant le 31 décembre 2026. Le formulaire se télécharge sur impots.gouv.fr.

2. L’année suivante : la base est divisée par deux

La première année où tu es imposé (l’année qui suit la création), ta base d’imposition est réduite de 50 %. Concrètement, ta CFE est à peu près divisée par deux cette année-là.

3. Chiffre d’affaires ≤ 5 000 € : exonération totale

Tu es exonéré de CFE si ton chiffre d’affaires hors taxes de l’année N-2 n’a pas dépassé 5 000 €. Pour la CFE 2026, on regarde donc le chiffre d’affaires de 2024.

Deux précisions de service-public.fr :

  • si tu as créé ton entreprise l’année précédente (N-1), c’est le chiffre d’affaires de cette première année qui compte ;
  • si cette année n’était pas complète, le chiffre d’affaires est ramené sur 12 mois (au prorata du temps d’activité). Exemple : 3 000 € encaissés en 6 mois correspondent à 6 000 € sur 12 mois, donc au-dessus du seuil.

À savoir

Beaucoup d’auto-entrepreneurs qui démarrent doucement ne paient jamais de CFE : exonérés la 1re année, puis sous les 5 000 € de chiffre d’affaires. Si c’est ton cas et que tu reçois quand même un avis à payer, vérifie ton chiffre d’affaires de référence et fais une réclamation par la messagerie de ton espace professionnel.

Montant de la CFE auto-entrepreneur : comment il se calcule

La CFE se calcule ainsi : base d’imposition × taux voté par la commune (ou l’intercommunalité), plus des frais de gestion de 1 %.

  • Si tu as un local (atelier, bureau loué), la base est la valeur locative de ce local. Si elle est trop faible, on applique la base minimum.
  • Si tu travailles chez toi ou chez tes clients, sans local, on applique directement la base minimum.

Le barème 2026 de la base minimum

La base minimum dépend de ton chiffre d’affaires de l’année N-2. Chaque commune fixe son montant à l’intérieur de la fourchette :

Chiffre d’affaires HT de N-2Base minimum 2026 (selon la commune)
Jusqu’à 10 000 €entre 250 € et 597 €
De 10 001 € à 32 600 €entre 250 € et 1 194 €
De 32 601 € à 100 000 €entre 250 € et 2 509 €
De 100 001 € à 250 000 €entre 250 € et 4 183 €
De 250 001 € à 500 000 €entre 250 € et 5 974 €
Plus de 500 000 €entre 250 € et 7 769 €
Source : entreprendre.service-public.gouv.fr, fiches F23547 et F23999 (vérifiées en 2026).

Attention à ne pas confondre : ce tableau donne la base, pas la somme à payer. On multiplie ensuite cette base par le taux voté par ta commune (ou ton intercommunalité), qui varie beaucoup d’un territoire à l’autre. Deux auto-entrepreneurs avec le même chiffre d’affaires ne paient donc pas la même CFE s’ils n’habitent pas au même endroit.

Exemples chiffrés

Les exemples ci-dessous sont fictifs. La base et le taux de commune sont choisis pour l’illustration : les tiens seront différents.

Exemple 1 : création en mars 2025, rédactrice web à domicile. Elle encaisse 8 000 € de mars à décembre 2025. Sa commune retient une base minimum de 480 € et un taux de 26 %.

AnnéeSituationCalculCFE à payer
2025Année de créationExonérée (1447-C-SD envoyée)0 €
20261re année imposée, réduction de 50 %480 € × 50 % × 26 %62,40 € + frais ≈ 63 €
2027Régime normal (CA 2025 : tranche ≤ 10 000 €)480 € × 26 %124,80 € + frais ≈ 126 €
Exemple fictif. Le CA 2025 (8 000 € sur 10 mois) ramené sur 12 mois fait 9 600 € : il dépasse 5 000 €, donc pas d’exonération, et reste dans la tranche jusqu’à 10 000 €.

Exemple 2 : petite activité complémentaire. Un salarié qui donne des cours particuliers en ligne a encaissé 4 800 € en 2024. Pour 2026, son CA de référence (N-2) est sous les 5 000 € : CFE 2026 = 0 €, même s’il a encaissé davantage en 2025 et 2026.

Exemple 3 : graphiste plus installée. Chiffre d’affaires 2024 : 25 000 € (tranche de 10 001 à 32 600 €). Sa commune retient une base de 1 000 € et un taux de 30 % : 1 000 € × 30 % = 300 €, plus environ 3 € de frais de gestion.

Paiement de la CFE en ligne : mains sur un ordinateur portable ouvert sur l'espace professionnel, relevé bancaire à côté
L'avis de CFE n'est plus envoyé par courrier : il est dans l'espace professionnel.

Avis de CFE : où le trouver (il n’arrive pas par courrier)

C’est le piège classique : l’avis de CFE n’est jamais envoyé par la poste. Il est déposé dans ton espace professionnel sur impots.gouv.fr, en général courant novembre. Si tu n’as jamais créé cet espace, tu ne le verras pas… mais tu devras quand même payer.

Pour créer ton espace professionnel :

  1. Va sur impots.gouv.fr, rubrique « Professionnel », puis « Créer mon espace professionnel ».
  2. Choisis le mode simplifié (adapté à un auto-entrepreneur) et renseigne ton SIREN.
  3. Clique sur le lien reçu par e-mail (valable 72 heures).
  4. Saisis le code d’activation envoyé par courrier à l’adresse de ton entreprise (valable 60 jours au maximum).

Comme ce code arrive par la poste, crée ton espace dès maintenant si ce n’est pas fait : n’attends pas le 10 décembre.

Tu n’as pas reçu ton avis de CFE ?

  • Tu es dans ta 1re année : c’est normal, tu es exonéré. Vérifie seulement que tu as envoyé la 1447-C-SD.
  • Ton CA de référence est ≤ 5 000 € : c’est normal aussi, il n’y a rien à payer.
  • Sinon : connecte-toi à ton espace professionnel, dans la partie qui permet de consulter tes avis (CFE-IFER). Si rien n’apparaît alors que tu penses être imposable, écris à ton SIE par la messagerie sécurisée ou appelle l’assistance des professionnels au 0809 401 401 (appel gratuit, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 h). Ne pas avoir consulté l’avis ne dispense pas de payer à l’échéance.

Payer la CFE : date limite, prélèvement et mensualisation

Pour une CFE de 3 000 € ou moins (le cas de presque tous les auto-entrepreneurs), la date limite est le 15 décembre (reportée au jour ouvré suivant si elle tombe un week-end). Le paiement se fait obligatoirement de façon dématérialisée.

Mode de paiementCommentDate limite pour choisir
Paiement en ligneDepuis ton espace professionnel, bouton « Payer » au-dessus de l’avisAu plus tard le 15 décembre
Prélèvement à l’échéancePrélèvement automatique le jour de l’échéanceAdhésion jusqu’au 30 novembre
Prélèvement mensuel10 prélèvements de janvier à octobre, chacun égal à 1/10 de la CFEAdhésion jusqu’au 30 juin (pour l’année en cours)
Source : service-public.fr (fiche F23999) et impots.gouv.fr. Au-delà de 3 000 € de CFE, un acompte de 50 % est dû en juin.

Avec le prélèvement mensuel, tu étales la dépense et tu ne risques plus d’oublier. C’est pratique dès la 3e année, quand la CFE atteint son montant normal.

Que se passe-t-il si tu paies en retard ?

Un paiement après la date limite entraîne une majoration de 5 % du montant dû. Sur une CFE de 150 €, cela fait 7,50 € de plus. Si tu as une difficulté réelle, contacte ton SIE avant l’échéance : des délais de paiement peuvent être accordés au cas par cas, et tu peux demander une remise gracieuse de la majoration (sans garantie de l’obtenir).

Domiciliation chez soi ou ailleurs : quel impact sur la CFE ?

La CFE est due dans la commune où ton entreprise est domiciliée :

  • chez toi : c’est le cas le plus courant, la base minimum de ta commune de résidence s’applique ;
  • dans une société de domiciliation : la CFE est calculée selon la commune de la domiciliation, qui peut être plus chère (grandes villes) ;
  • dans un local professionnel : la base est la valeur locative du local, si elle dépasse la base minimum.

Changer d’adresse pour payer moins de CFE est rarement une bonne idée : l’écart est de quelques dizaines d’euros par an et la domiciliation commerciale coûte elle-même un abonnement. Pour peser le pour et le contre, lis notre guide domicilier sa micro-entreprise.

Cesser son activité en cours d’année

Si tu fermes ta micro-entreprise en cours d’année, la CFE reste due pour l’année entière si tu étais en activité au 1er janvier. Tu peux ensuite demander un dégrèvement (une réduction au prorata des mois sans activité) par réclamation à ton SIE, une fois l’avis reçu. Le détail est dans notre guide cessation d’activité auto-entrepreneur.

Les erreurs qui coûtent cher

  • Ne pas créer son espace professionnel : l’avis y est, que tu le regardes ou non.
  • Oublier la 1447-C-SD la première année : c’est elle qui déclenche l’exonération de l’année de création.
  • Confondre CFE et cotisations URSSAF : payer tes cotisations ne règle pas la CFE.
  • Croire que « à domicile » veut dire « exonéré » : c’est faux, la base minimum s’applique.
  • Ignorer un avis alors qu’on est sous 5 000 € : réclame, ne paie pas sans vérifier.

Pour une vue d’ensemble de ce que tu paies chaque année (cotisations, CFP, impôt, CFE), consulte les cotisations de l’auto-entrepreneur en 2026. Et si tu hésites encore à te lancer, le guide pour créer sa micro-entreprise rappelle que l’immatriculation est gratuite sur formalites.entreprises.gouv.fr.

Questions fréquentes

Est-ce qu’un auto-entrepreneur est obligé de payer la CFE ?

Oui, sauf exonération. Tu ne paies rien l’année de création, ni les années où ton chiffre d’affaires de référence (N-2) ne dépasse pas 5 000 €, ni si ton activité est exonérée de droit (artisan seul, artiste-auteur, VDI…). Travailler chez soi ne suffit pas à être exonéré.

Quel est le montant de la CFE pour un auto-entrepreneur ?

Il dépend de ta commune et de ton chiffre d’affaires. Pour un CA jusqu’à 10 000 €, la base minimum est comprise entre 250 € et 597 € en 2026, multipliée par le taux communal. En pratique, beaucoup d’auto-entrepreneurs à domicile paient entre quelques dizaines et quelques centaines d’euros.

Comment éviter de payer la CFE ?

Légalement, seulement en remplissant une condition d’exonération : 1re année (avec la 1447-C-SD), CA de référence ≤ 5 000 €, activité exonérée de droit. La 2e année, la base est réduite de moitié. Il n’existe pas d’astuce pour y échapper autrement.

Où trouver mon avis de CFE ?

Dans ton espace professionnel sur impots.gouv.fr, avec tes autres avis d’impôt professionnels. Il est mis en ligne en novembre et n’est pas envoyé par courrier.

Que faire si je paie ma CFE en retard ?

Paie au plus vite : une majoration de 5 % s’applique après le 15 décembre. En cas de difficulté, contacte ton SIE par la messagerie sécurisée pour demander un délai ou une remise de la majoration.

Faut-il payer la CFE si je n’ai eu aucun client ?

Non si ton chiffre d’affaires de référence est nul ou inférieur à 5 000 €. Attention en revanche aux autres règles : après 24 mois sans chiffre d’affaires, l’URSSAF peut radier ton compte.