Auto-entrepreneur ou SASU, EURL : que choisir quand on travaille seul

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· Par David

Auto-entrepreneur ou société : deux dossiers cartonnés côte à côte sur un bureau, avec un stylo et une calculatrice

Mis à jour le 1er octobre 2026 · chiffres vérifiés sur les sites officiels

Auto-entrepreneur ou SASU ? Pour la plupart des indépendants qui démarrent seuls depuis chez eux, avec peu de frais, la micro-entreprise reste la moins chère et la plus simple : création gratuite, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, pas de comptable obligatoire. La SASU ou l’EURL deviennent intéressantes quand tes frais réels dépassent l’abattement forfaitaire, quand ton chiffre d’affaires approche des plafonds (83 600 € en services), ou quand tu veux t’associer, investir ou mieux protéger ta famille. Entre les deux, l’entreprise individuelle au régime réel est une étape souvent oubliée.

En bref

  • Micro-entreprise : idéale pour démarrer et pour les activités à faibles frais ; plafonds de 83 600 € (services) et 203 100 € (vente) en 2026.
  • EI au réel : même entreprise individuelle, mais tu déduis tes vrais frais ; comptabilité complète.
  • EURL : société, gérant « travailleur indépendant », cotisations proches de l’EI au réel ; impôt sur le revenu par défaut, impôt sur les sociétés sur option.
  • SASU : président « assimilé salarié », meilleure retraite mais cotisations plus lourdes, pas d’assurance chômage.
  • Règle simple : tant que tes frais restent sous l’abattement (34 % en libéral, 50 % en services) et loin des plafonds, reste en micro.

Auto-entrepreneur ou SASU : les 4 options en un tableau

L’auto-entrepreneur (micro-entrepreneur, son nom officiel) est une entreprise individuelle avec un régime simplifié. L’EURL et la SASU sont des sociétés à associé unique : elles ont leur propre personnalité juridique, leurs statuts, leur compte bancaire et leur comptabilité.

CritèreMicro-entrepriseEI au réelEURLSASU
CréationGratuite en ligneGratuite en ligneStatuts, dépôt du capital, annonce légaleStatuts, dépôt du capital, annonce légale
Coût de création0 € (sauf agent commercial)0 €≈ 33,83 € + 19,33 € de formalités + annonce légaleIdem
ComptabilitéLivre des recettes, facturesComplète, déclaration annuelle de résultatComplète, comptes annuels déposésComplète, comptes annuels déposés
Cotisations calculées surLe CA encaisséLe bénéficeLa rémunération du gérantLe salaire du président
Statut socialTravailleur indépendantTravailleur indépendantTravailleur indépendantAssimilé salarié
Frais déductiblesNon (abattement forfaitaire)OuiOuiOui
Plafond de CAOuiNonNonNon
ImpôtImpôt sur le revenu (ou versement libératoire)Impôt sur le revenu (IS sur option)Impôt sur le revenu par défaut avec un associé personne physique, IS sur optionIS en principe (IR sur option temporaire)
Associés possiblesNonNonOui, en passant en SARLOui, en passant en SAS
Sources : entreprendre.service-public.gouv.fr (F37688, coût des formalités, vérifié le 18 mars 2026 ; F32353, plafonds). L’annonce légale de constitution coûte environ 125 € pour une EURL et 140 € pour une SASU en 2026 (tarif forfaitaire), à vérifier sur le simulateur de service-public.

Depuis 2022, en entreprise individuelle (micro ou réel), ton patrimoine personnel est séparé de ton patrimoine professionnel par défaut. La « protection du patrimoine » n’est donc plus l’argument décisif en faveur de la société qu’elle était avant. Le détail du régime micro est dans notre page statut auto-entrepreneur.

Ce que coûte une société au quotidien

On compare souvent les statuts sur les cotisations, en oubliant les frais fixes d’une société :

  • expert-comptable ou logiciel comptable : il faut établir un bilan, un compte de résultat et une liasse fiscale chaque année. Les cabinets en ligne affichent des offres pour sociétés à partir d’environ 70 à 110 € HT par mois (tarifs constatés en octobre 2026 sur les sites de L-Expert-comptable.com, Dougs et Indy), soit 800 à 1 300 € HT par an ;
  • formalités juridiques annuelles : approbation des comptes, dépôt au greffe, parfois facturés à part (par exemple 300 € HT chez Dougs) ;
  • compte bancaire au nom de la société : obligatoire, payant chez la plupart des banques ;
  • CFE, comme pour l’auto-entrepreneur (CFE de l’auto-entrepreneur).

En micro-entreprise, ces frais tombent presque à zéro : un livre des recettes, un compte séparé (obligatoire seulement après deux années à plus de 10 000 € de CA) et un logiciel de facturation gratuit suffisent. Voir faut-il un expert-comptable en auto-entreprise ?.

Comparer micro-entreprise, SASU et EURL : feuille avec tableau à deux colonnes, surligneur et tasse de café
Le bon statut dépend du chiffre d'affaires et des charges réelles.

Exemple chiffré : 50 000 € de chiffre d’affaires

Prenons une graphiste en libéral (BNC) qui facture 50 000 € par an depuis chez elle, avec 6 000 € de frais réels (logiciels, matériel, formation). Elle se verse tout ce qui reste, sans dividendes. Les cotisations sont calculées avec le simulateur officiel de l’URSSAF (mon-entreprise.urssaf.fr) aux taux 2026.

Micro-entrepriseEI au réelEURL (IS)SASU
Chiffre d’affaires50 000 €50 000 €50 000 €50 000 €
Frais réels6 000 €6 000 €6 000 €6 000 €
Comptabilité, banque, juridique (hypothèse)0 €600 €1 500 €1 500 €
Disponible pour se rémunérer—43 400 €42 500 €42 500 €
Cotisations et contributions sociales12 904 €13 474 €13 181 €18 934 €
Revenu net avant impôt sur le revenu31 096 €29 926 €29 319 €23 566 €
Base soumise à l’impôt sur le revenu33 000 €31 101 €30 471 €25 137 €
Exemple fictif. Micro : 25,6 % de cotisations + 0,2 % de formation professionnelle sur 50 000 €, puis paiement des 6 000 € de frais. Autres statuts : simulateur mon-entreprise.urssaf.fr, interrogé le 1er octobre 2026. Les frais de gestion sont des hypothèses.

Ce que montre l’exemple :

  • avec des frais faibles (12 % du CA, bien sous l’abattement de 34 %), la micro-entreprise laisse le plus d’argent ;
  • la SASU coûte nettement plus cher en cotisations pour le même revenu. En échange, le président cotise au régime général pour la retraite de base et complémentaire, avec une meilleure couverture ;
  • la base imposable de la micro (33 000 €) est un peu plus élevée, parce que l’abattement forfaitaire ne tient pas compte des cotisations payées. Selon ta tranche d’imposition, cela réduit un peu l’écart, sans l’inverser ici.

Et si les frais étaient de 20 000 € ? En micro, les cotisations ne bougent pas (elles sont calculées sur le CA), donc le revenu tomberait à 50 000 − 12 904 − 20 000 = 17 096 €. Au réel, en EURL ou en SASU, les cotisations baissent avec le bénéfice. C’est le cas typique où la micro devient perdante : beaucoup d’achats, de sous-traitance, de déplacements ou un local.

À savoir

Un exemple ne remplace pas une simulation sur ta situation (revenus du foyer, enfants, ARE, projet de dividendes). Le simulateur officiel mon-entreprise.urssaf.fr est gratuit et compare les statuts. Pour une décision engageante, un rendez-vous avec un expert-comptable ou ta chambre consulaire vaut largement son coût.

Protection sociale : ce qui change vraiment

Micro, EI, EURL (travailleur indépendant)SASU (assimilé salarié)
Assurance maladieRemboursements identiques à tout le mondeIdem
Indemnités journalièresOui, après 12 mois d’affiliation, selon ton revenu ; faibles si le revenu est faibleOui, si tu te verses un salaire suffisant
RetraiteCalculée sur ton revenu (en micro : CA après abattement)Régime général + complémentaire Agirc-Arrco, sur le salaire
Assurance chômageNon (hors allocation des travailleurs indépendants, sous conditions strictes)Non, le président n’est pas couvert
Si tu ne te rémunères pasEn micro, cotisations nulles si CA nulAucune cotisation, mais aucun droit acquis

Deux idées reçues à corriger :

  • la SASU ne donne pas droit au chômage : le président d’une SASU n’est pas salarié au sens de l’assurance chômage ;
  • « zéro salaire et tout en dividendes » en SASU coûte moins de cotisations, mais ne te donne ni retraite ni indemnités journalières. C’est un choix à faire en connaissance de cause. En EURL, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des comptes courants) est, elle, soumise aux cotisations sociales.

En micro-entreprise, la retraite est le vrai point faible avec un petit chiffre d’affaires : vérifie que tu valides tes trimestres (retraite et auto-entrepreneur) et pense à une prévoyance (mutuelle et prévoyance).

Les seuils de bascule : quand passer en société ?

Il n’existe pas de seuil officiel « à partir de X €, passe en SASU ». Voici les signaux concrets :

  1. Tes frais réels dépassent l’abattement forfaitaire : plus de 34 % du CA en libéral, 50 % en services BIC, 71 % en vente. Au-delà, la micro te fait payer des cotisations et de l’impôt sur de l’argent que tu as déjà dépensé.
  2. Ton chiffre d’affaires approche des plafonds : 83 600 € (services, libéral) ou 203 100 € (vente) en 2026. Un dépassement deux années de suite te fait sortir du régime au 1er janvier suivant (plafond de la micro-entreprise).
  3. Tu dépasses durablement la franchise de TVA (37 500 € en services) : tu factures la TVA et fais des déclarations, donc une partie de la simplicité de la micro disparaît (TVA de l’auto-entrepreneur).
  4. Tu veux t’associer, faire entrer un investisseur ou emprunter pour un projet important.
  5. Tu veux laisser de l’argent dans l’entreprise pour investir, taxé à l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà) plutôt qu’à ton taux personnel.
  6. Tu as besoin de meilleurs droits sociaux et tu es prêt à les payer (SASU avec salaire).

Si seul le point 1 te concerne, regarde d’abord l’EI au réel : tu gardes ton entreprise et ton SIRET, tu renonces simplement au régime micro par une option fiscale (pas de formalité au guichet unique, selon l’INPI). C’est souvent le chemin le plus court.

Comment passer de la micro-entreprise à la société

  1. Fais la simulation avec tes vrais chiffres et, idéalement, avec un comptable.
  2. Rédige les statuts de l’EURL ou de la SASU, dépose le capital (aucun minimum légal, 1 € suffit en théorie, mais un capital trop faible inquiète les banques et les clients).
  3. Publie l’annonce légale et immatricule la société sur le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr), avec la déclaration des bénéficiaires effectifs.
  4. Cesse ta micro-entreprise (ou garde-la si l’activité est différente et compatible) : voir cessation d’activité auto-entrepreneur.
  5. Préviens tes clients, change tes factures (nouveau SIREN, mentions de société) et ouvre le compte de la société.

Tu peux faire toutes ces démarches toi-même. Les services juridiques en ligne te font gagner du temps sur les statuts et les formalités, contre un tarif ; ils ne sont pas obligatoires.

Questions fréquentes

Quel est le plus avantageux, auto-entrepreneur ou SASU ?

Avec peu de frais et un chiffre d’affaires sous les plafonds, l’auto-entreprise laisse généralement plus de revenu net et coûte beaucoup moins en gestion. La SASU devient pertinente avec des frais élevés, un projet d’associés ou un besoin de meilleure retraite, en acceptant des cotisations plus lourdes.

À partir de quel chiffre d’affaires passer en société ?

Il n’y a pas de montant unique. Les vrais déclencheurs sont des frais réels supérieurs à l’abattement forfaitaire, un CA proche des plafonds (83 600 € en services en 2026) ou un projet qui demande une structure (associés, investissements).

Peut-on être auto-entrepreneur et président de SASU en même temps ?

Oui, c’est possible si les activités sont distinctes et que tu respectes les règles de chacune. Une micro-entreprise ne doit pas facturer la SASU pour une activité qui relève en réalité d’un lien de subordination ; en cas de doute, fais-toi conseiller.

La SASU donne-t-elle droit au chômage ?

Non. Le président d’une SASU est assimilé salarié pour la sécurité sociale, mais il ne cotise pas à l’assurance chômage et n’y a pas droit au titre de ce mandat.

Combien coûte la création d’une SASU ?

Les formalités obligatoires coûtent 33,83 € d’immatriculation et 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs (service-public.fr), plus une annonce légale d’environ 140 € en 2026. Ajoute la rédaction des statuts si tu la confies à un professionnel, et surtout la comptabilité annuelle.