Étudiant auto-entrepreneur : bourse, impôts, CAF et cotisations

· Mis à jour le

· Par David

Étudiant auto-entrepreneur : bureau de chambre étudiante avec manuels de cours, ordinateur portable et lampe

Mis à jour le 1er octobre 2026 · chiffres vérifiés sur les sites officiels

Oui, un étudiant peut être auto-entrepreneur : aucune règle ne l’interdit, et la création est gratuite sur le guichet unique. Tu peux même garder ta bourse sur critères sociaux, à condition de rester assidu aux cours et de te présenter aux examens. Ce qui demande de l’attention, ce sont les effets indirects : ton chiffre d’affaires s’ajoute aux revenus de tes parents si tu es rattaché à leur foyer fiscal (et compte, deux ans plus tard, dans le calcul de ta bourse), il peut modifier les aides de la CAF, et tu paies des cotisations comme n’importe quel auto-entrepreneur.

En bref

  • Possible et gratuit : déclaration sur formalites.entreprises.gouv.fr, dès 18 ans.
  • Bourse Crous : cumulable avec une activité, si tu restes assidu et passes tes examens.
  • Impôts : rattaché à tes parents (moins de 25 ans), ton CA après abattement s’ajoute à leurs revenus ; l’exonération des jobs étudiants ne vise que les salaires.
  • Cotisations : 21,2 % (services BIC) ou 25,6 % (libéral) du CA en 2026, avec l’ACRE possible entre 18 et 25 ans.
  • Statut étudiant-entrepreneur : accompagnement gratuit par un Pépite, aménagements d’études, accès au diplôme D2E.
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Étudiant auto-entrepreneur : c’est possible ?

Être étudiant n’empêche pas de créer une micro-entreprise (le nom officiel de l’auto-entreprise). Beaucoup le font pour encadrer une activité qu’ils exercent déjà : cours particuliers, montage vidéo, graphisme, traduction, développement web, gestion de réseaux sociaux, vente de créations.

Les conditions sont les mêmes que pour tout le monde :

  • être majeur (ou mineur émancipé, ou autorisé dans certains cas) ;
  • choisir une activité compatible avec le régime et, si elle est réglementée, avoir la qualification requise ;
  • déclarer l’activité gratuitement sur le guichet unique, formalites.entreprises.gouv.fr, au plus tard dans les 15 jours qui suivent le début d’activité.

Méfie-toi des sites qui font payer cette démarche : elle ne coûte rien. Le pas à pas est dans notre guide créer sa micro-entreprise.

Si tu es étudiant étranger, vérifie d’abord ce que ton titre de séjour autorise avant de déclarer une activité indépendante.

Bourse Crous et micro-entreprise

Peut-on garder sa bourse ?

Oui. Selon service-public.fr, la bourse sur critères sociaux est cumulable avec une activité professionnelle, à condition de respecter l’obligation d’assiduité aux cours et aux examens. Bpifrance Création le confirme pour une activité non salariée : tu gardes ta bourse pour le reste de l’année universitaire si tu continues à suivre les cours, à te présenter aux examens, et si tu avais moins de 28 ans lors de ta première demande de bourse.

Le cumul est en revanche impossible si tu es inscrit à France Travail, fonctionnaire, en apprentissage ou en contrat de professionnalisation.

Le piège des revenus N-2

La bourse est calculée sur le revenu brut global du foyer fiscal qui te compte à charge, deux ans plus tôt. Pour l’année 2026-2027, ce sont les revenus de 2024 (avis d’impôt 2025) qui comptent.

Si tu es rattaché au foyer fiscal de tes parents, ton chiffre d’affaires après abattement s’ajoute à leur revenu brut global. Une activité qui marche bien en 2026 peut donc réduire ou supprimer ta bourse en 2028-2029. Ce n’est pas une raison de renoncer, mais fais le calcul avec le simulateur de bourse avant de décider entre rattachement et déclaration séparée.

Impôts : rattaché à tes parents ou déclaration séparée ?

Selon etudiant.gouv.fr, si tu avais moins de 25 ans au 1er janvier de l’année et que tu poursuis des études, tu peux demander à être rattaché au foyer fiscal de tes parents. Sinon, tu fais ta propre déclaration.

Rattaché aux parentsDéclaration séparée
Qui déclare ton chiffre d’affaires ?Tes parents, sur leur 2042 C PROToi, sur ta 2042 C PRO
Effet sur l’impôtTon revenu s’ajoute au leur, mais ils gardent une demi-part (ou une part) et la réduction d’impôt pour enfant étudiantTu es souvent non imposable avec un petit revenu ; tes parents perdent la part, mais peuvent déduire une pension alimentaire
Effet sur la bourseTon revenu compte dans le revenu brut global de N-2Ce sont tes propres ressources qui peuvent être retenues dans certains cas (enfant à charge, mariage…)
Versement libératoireDépend du revenu fiscal de référence de tes parentsDépend de ton propre revenu fiscal de référence
Sources : etudiant.gouv.fr (« Impôt sur le revenu : le cas des étudiants »), service-public.fr (F12214, bourse sur critères sociaux).

L’exonération des jobs étudiants ne s’applique pas à ta micro-entreprise

Les salaires des étudiants de moins de 25 ans sont exonérés d’impôt jusqu’à 5 405 € (revenus 2025, selon etudiant.gouv.fr). Cette exonération vise les salaires d’un job étudiant. Le chiffre d’affaires d’une micro-entreprise n’est pas un salaire : il se déclare entièrement sur la 2042 C PRO, avec l’abattement forfaitaire de ton activité.

Le mode de déclaration est détaillé dans notre guide impôt auto-entrepreneur.

Concilier études et micro-entreprise : agenda ouvert avec plages surlignées, stylo et café
Les revenus de la micro-entreprise peuvent jouer sur la bourse et la CAF.

CAF, APL et prime d’activité

Tes propres aides

Si tu touches une aide au logement (APL, ALS), signale la création de ta micro-entreprise à la CAF. Tes revenus d’activité sont pris en compte dans tes ressources. Pour les micro-entrepreneurs, la CAF retient le chiffre d’affaires après abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité), avec des déclarations trimestrielles les premières années. Le fonctionnement complet est expliqué dans notre page prime d’activité, RSA et CAF de l’auto-entrepreneur.

La prime d’activité est ouverte aux étudiants seulement s’ils ont des revenus d’activité suffisants : etudiant.gouv.fr indique un revenu mensuel net supérieur à 1 104,25 € (le site parle de salaire). Pour une petite activité d’appoint, tu ne seras généralement pas concerné ; fais le test sur le simulateur de caf.fr.

Les aides de tes parents

Si tes parents touchent des prestations familiales pour toi (allocations familiales, complément familial, aide au logement), tu dois rester « à charge » au sens de la CAF : jusqu’à 20 ans (21 ans pour l’aide au logement et le complément familial), ta rémunération nette ne doit pas dépasser 55 % du Smic, soit 1 104,25 € par mois pour la période d’octobre 2025 à mars 2026 (moyenne sur 6 mois), selon service-public.fr. Demande à la CAF de tes parents comment ton chiffre d’affaires est pris en compte avant de te lancer à grande échelle.

Les cotisations de l’étudiant auto-entrepreneur

Pas de régime spécial étudiant : tu paies les mêmes cotisations que tout auto-entrepreneur, en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Si tu n’encaisses rien, tu ne paies rien (mais tu déclares quand même « 0 »).

ActivitéCotisations 2026Avec l’ACRE (création depuis le 1er juillet 2026)
Vente de marchandises12,3 %75 % du taux normal
Prestations de services BIC (cours, petits services)21,2 %75 % du taux normal
Libéral non réglementé (graphisme, rédaction, développement…)25,6 %75 % du taux normal
S’ajoute la contribution à la formation professionnelle (0,1 % à 0,3 %). Sources : service-public.fr (F36232, F11677).

L’ACRE : entre 18 et 25 ans (jusqu’à 29 ans en cas de handicap), tu remplis un des critères. Pour une création depuis le 1er juillet 2026, elle réduit tes cotisations de 25 % jusqu’à la fin du 3e trimestre civil qui suit le début d’activité. Elle n’est pas automatique : demande-la à l’URSSAF dans les 60 jours (ACRE 2026).

La CFE : tu en es exonéré l’année de création, puis tant que ton chiffre d’affaires de référence ne dépasse pas 5 000 € (CFE de l’auto-entrepreneur).

Le versement libératoire : il n’est intéressant que si le foyer fiscal qui déclare ton CA est imposable. Rattaché à des parents imposables à 11 % ou plus, il peut faire sens ; seul et non imposable, il te ferait payer un impôt inutile (versement libératoire).

Exemples chiffrés

Exemples fictifs, sans ACRE, taux 2026.

Exemple 1 : cours particuliers, 4 000 € par an. Activité de services BIC. Cotisations : 4 000 × 21,2 % = 848 €, plus 0,1 % de formation professionnelle (4 €). Pour l’impôt, abattement de 50 % : 2 000 € s’ajoutent au revenu du foyer qui te déclare. Pas de CFE (CA sous 5 000 €). Voir notre fiche donner des cours particuliers en ligne.

Exemple 2 : graphiste freelance, 12 000 € par an. Activité libérale. Cotisations : 12 000 × 25,6 % = 3 072 €, plus 0,2 % de formation professionnelle (24 €). Revenu imposable : 12 000 − 34 % = 7 920 €. Rattaché à tes parents, ce montant entre dans leur revenu brut global, qui servira au calcul de ta bourse deux ans plus tard. Avec l’ACRE pendant les premiers trimestres, la part de cotisations concernée baisse d’un quart.

Exemple 1 (cours)Exemple 2 (graphisme)
Chiffre d’affaires4 000 €12 000 €
Cotisations + formation pro852 €3 096 €
Reste avant impôt et frais3 148 €8 904 €
Revenu imposable2 000 €7 920 €
Exemples fictifs. Les frais réels (logiciels, matériel) ne sont pas déductibles en micro-entreprise.

Le statut national étudiant-entrepreneur (Pépite)

Le statut national d’étudiant-entrepreneur (SNEE) s’adresse aux étudiants et jeunes diplômés (au moins le bac) qui portent un projet de création. Il est attribué par le comité d’engagement d’un Pépite (pôle étudiant pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat), sur la qualité du projet et non sur les diplômes. La demande se fait en ligne, sur la plateforme du ministère de l’Enseignement supérieur.

Ce qu’il apporte, selon Bpifrance Création :

  • un accompagnement par un référent académique et/ou un mentor ;
  • l’accès à des ressources : espaces de coworking, formations, réseau, concours Prix Pépite ;
  • des aménagements de ton parcours, comme une année de césure consacrée au projet ;
  • l’accès possible au diplôme d’établissement étudiant-entrepreneur (D2E), sur un ou deux ans (inscription payante selon l’établissement) ;
  • pour un projet avancé, la possibilité de signer un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE).

Le statut ne remplace pas l’immatriculation : si tu factures des clients, tu dois quand même créer ta micro-entreprise.

Les pièges à éviter

  • Encaisser sans être déclaré : dès que tu factures régulièrement, il faut une structure. Une activité non déclarée prive aussi tes clients de facture.
  • Sacrifier tes études : la bourse dépend de ton assiduité et de tes examens.
  • Oublier tes parents : rattaché, ton chiffre d’affaires figure sur leur déclaration. Préviens-les avant le printemps.
  • Oublier la CAF : signale ton activité dès sa création pour éviter un trop-perçu à rembourser.
  • Laisser tourner une micro-entreprise inactive : déclare « 0 » chaque mois ou trimestre, ou ferme-la proprement (cessation d’activité).

Questions fréquentes

Un étudiant peut-il être auto-entrepreneur ?

Oui, aucune règle ne l’interdit. La création est gratuite sur le guichet unique, et tu peux combiner études, micro-entreprise et même un job salarié.

Est-ce que je perds ma bourse si je suis auto-entrepreneur ?

Non, pas directement : la bourse est cumulable avec une activité si tu restes assidu aux cours et aux examens. En revanche, si tu es rattaché à tes parents, ton revenu s’ajoute à leur revenu brut global, qui sert au calcul de la bourse deux ans plus tard.

Un étudiant auto-entrepreneur paie-t-il des impôts ?

Son chiffre d’affaires, après abattement, est soumis à l’impôt sur le revenu : sur sa propre déclaration, ou sur celle de ses parents s’il est rattaché. L’exonération de 5 405 € des jobs étudiants ne s’applique qu’aux salaires.

Quelles cotisations paie un étudiant auto-entrepreneur ?

Les mêmes que tout auto-entrepreneur : 12,3 %, 21,2 % ou 25,6 % du chiffre d’affaires encaissé selon l’activité en 2026. Entre 18 et 25 ans, l’ACRE réduit ces taux de 25 % pendant les premiers trimestres si tu la demandes dans les 60 jours.

Être auto-entrepreneur fait-il perdre les APL ?

Pas automatiquement, mais tes revenus d’activité entrent dans le calcul. Déclare ta création à la CAF et ton chiffre d’affaires quand elle te le demande ; le montant de l’aide peut baisser si tes revenus augmentent.

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