Mis à jour le 29 septembre 2026 · chiffres vérifiés sur les sites officiels
L’ARCE (aide à la reprise ou à la création d’entreprise) est un capital versé par France Travail aux demandeurs d’emploi qui créent leur entreprise, y compris en auto-entrepreneur. Elle représente 60 % de tes droits au chômage (ARE) restants, versés en deux fois à six mois d’intervalle, à condition d’avoir obtenu l’ACRE. En échange, tu renonces à toucher ton allocation chaque mois pendant ton activité.
En bref
- Montant : 60 % des droits ARE restants (droits ouverts après le 1er juillet 2023), avec une retenue de 3 % pour la retraite complémentaire et la CSG-CRDS.
- Versement : une moitié au démarrage, l’autre six mois plus tard si l’activité continue et si tu n’es pas en CDI à temps plein.
- Condition clé : avoir obtenu l’ACRE, à demander à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début d’activité.
- L’ARCE ne se cumule pas avec le maintien mensuel de l’ARE : il faut choisir.
- Elle est surtout intéressante si tu as besoin de trésorerie tout de suite ou si ton chiffre d’affaires démarre vite.
L’ARCE pour un auto-entrepreneur, c’est quoi ?
Quand tu touches l’ARE et que tu crées ta micro-entreprise (le nom officiel du régime auto-entrepreneur), France Travail te propose deux options :
- Le maintien partiel de l’ARE : tu gardes une partie de ton allocation chaque mois, selon ce que tu gagnes. Tout le détail est dans notre guide micro-entreprise et chômage.
- L’ARCE : tu reçois une partie de tes droits restants sous forme de capital, en deux versements, et tu ne touches plus d’allocation mensuelle.
L’ARCE n’est pas un prêt : tu n’as rien à rembourser. C’est une avance sur des droits que tu avais déjà, avec une décote importante puisque tu ne récupères que 60 % de ce qui te restait.
Le montant de l’ARCE en 2026
La règle des 60 %
Selon France Travail, l’ARCE est égale à 60 % du capital correspondant à tes droits ARE restants, pour les droits ouverts après le 1er juillet 2023. Pour les droits ouverts avant cette date, le taux était de 45 %. L’Unédic précise que le calcul se fait sur les droits qui te restent à la date d’attribution de l’aide : nombre de jours restants multiplié par ton allocation journalière.
France Travail applique ensuite :
- une retenue de 3 % pour le financement des retraites complémentaires ;
- la CSG et la CRDS, auxquelles l’ARCE est soumise.
Le montant net que tu reçois est donc un peu inférieur au calcul « 60 % des droits ». Demande le chiffre exact à ton conseiller avant de choisir.
Deux exemples chiffrés
Exemple 1 : 300 jours restants à 40 € par jour
- Droits restants : 300 × 40 = 12 000 €
- ARCE brute : 12 000 × 60 % = 7 200 €
- Après la retenue de 3 % : 7 200 × 0,97 = 6 984 €
- Deux versements d’environ 3 492 € chacun, avant CSG-CRDS
Exemple 2 : 200 jours restants à 55 € par jour
- Droits restants : 200 × 55 = 11 000 €
- ARCE brute : 11 000 × 60 % = 6 600 €
- Après la retenue de 3 % : 6 600 × 0,97 = 6 402 €
- Deux versements d’environ 3 201 € chacun, avant CSG-CRDS
Plus tu crées tôt après l’ouverture de tes droits, plus il te reste de jours, et plus l’ARCE est élevée.
Les conditions pour toucher l’ARCE
France Travail pose trois conditions cumulatives :
- Avoir créé ou repris une entreprise en France après la fin de ton contrat de travail. Une micro-entreprise créée pendant ton contrat, avant la rupture, pose problème : parles-en à ton conseiller avant.
- Avoir droit à l’ARE.
- Bénéficier de l’ACRE, l’exonération partielle de cotisations des créateurs.
L’ACRE, la condition qui fait perdre l’ARCE
C’est l’erreur la plus fréquente. Depuis la réforme, pour un micro-entrepreneur, l’ACRE n’est pas automatique : il faut la demander à l’URSSAF au plus tard 60 jours après le début d’activité. Sans ACRE, pas d’ARCE. Autre point à vérifier : tu ne dois pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes.
Pour une activité créée à partir du 1er juillet 2026, l’ACRE réduit tes cotisations de 25 % jusqu’à la fin du 3e trimestre civil qui suit ton début d’activité. Tout est expliqué dans le guide ACRE auto-entrepreneur.

Le versement en deux fois
- Premier versement : quand toutes les conditions sont réunies. En pratique, au démarrage de l’activité, ou, dans certains cas, après la fin des différés d’indemnisation et du délai d’attente (Unédic).
- Second versement : six mois après le premier, à condition que tu exerces toujours ton activité. Depuis le 1er avril 2025, il faut aussi ne pas avoir repris un CDI à temps plein.
Si tu arrêtes ton activité avant le second versement, tu ne le touches pas. Tes droits non versés ne sont pas perdus pour autant (voir plus bas).
ARCE ou maintien de l’ARE : le comparatif
| ARCE | Maintien partiel de l’ARE | |
|---|---|---|
| Forme | Capital en 2 versements | Allocation mensuelle réduite |
| Montant | 60 % des droits restants, moins 3 % et CSG-CRDS | Allocation − 70 % du revenu d’activité (CA après abattement) |
| Limite | Fixée dès le départ | Cumul limité à 60 % des droits restants à la date de création (depuis avril 2025) |
| Condition particulière | Avoir obtenu l’ACRE | Déclarer tes revenus chaque mois à France Travail |
| Si ton CA est élevé | Tu gardes tout le capital | Ton allocation tombe à zéro certains mois |
| Si ton CA est faible | Tu n’as plus d’allocation mensuelle | Tu gardes presque toute ton allocation |
| Si l’activité s’arrête | Reliquat récupérable, après un différé | Jours non consommés disponibles |
[legende] Sources : France Travail, Unédic, service-public.fr. Les deux options ne se cumulent pas.
Exemple A : un démarrage lent
Une assistante indépendante (prestations de services BIC) a 300 jours de droits à 40 €, soit 1 200 € par mois. La première année, elle encaisse environ 800 € par mois.
- Avec l’ARCE : environ 6 984 € avant CSG-CRDS, en deux fois, puis plus rien chaque mois.
- Avec le maintien : revenu retenu 800 × 50 % = 400 € ; 70 % de 400 € = 280 € déduits ; (1 200 − 280) ÷ 40 = 23 jours ; soit 920 € par mois. Au bout de huit mois environ, elle atteint le plafond de 60 % de ses droits (7 200 €).
Au total, les deux options donnent des montants proches, mais le maintien lui assure un revenu régulier pendant les mois où l’activité se construit. Pour ce profil, voir aussi la fiche assistante virtuelle.
Exemple B : un démarrage rapide
Un traducteur (libéral BNC) a les mêmes droits et facture 3 000 € par mois dès le départ.
- Avec le maintien : revenu retenu 3 000 × 66 % = 1 980 € ; 70 % de 1 980 € = 1 386 €, plus que son allocation de 1 200 €. Il ne touche rien ces mois-là.
- Avec l’ARCE : il touche environ 6 984 € avant CSG-CRDS.
Ici, l’ARCE est nettement plus intéressante, à condition que le chiffre d’affaires se maintienne.
À savoir
Ces exemples sont simplifiés : le plafond de 60 % du maintien et l’arrondi des jours dépendent de ton dossier. Fais toujours confirmer les deux calculs par ton conseiller France Travail avant de créer.
Les démarches pour demander l’ARCE
- Parle de ton projet à ton conseiller France Travail avant de créer, pour connaître ton reliquat de droits.
- Crée ta micro-entreprise sur le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr. C’est gratuit : suis notre guide pour créer sa micro-entreprise.
- Demande l’ACRE à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent ton début d’activité, avec le formulaire dédié aux micro-entrepreneurs. L’URSSAF a 30 jours pour répondre ; sans réponse, la demande est acceptée.
- Déclare ta création à France Travail et remplis le formulaire de demande d’ARCE.
- Fournis les justificatifs : attestation d’immatriculation (l’équivalent de l’extrait Kbis pour une micro-entreprise) et preuve de l’ACRE.
- Déclare ton chiffre d’affaires à l’URSSAF à chaque échéance, même à zéro : voir déclarer son chiffre d’affaires.
Que se passe-t-il si ton activité s’arrête ?
Si tu cesses ton activité, tu peux te réinscrire et retrouver le reliquat de tes droits ARE non versés. France Travail précise deux limites :
- un différé s’applique si tu as touché le second versement ;
- les droits restent mobilisables pendant trois ans à partir de l’ouverture du droit, plus la durée initiale de ce droit.
Depuis le 1er avril 2025, il faut aussi avoir réellement cessé l’activité pour reprendre le paiement.
Les pièges à éviter
- Oublier l’ACRE ou la demander après 60 jours : l’ARCE devient impossible.
- Créer avant la fin de ton contrat sans en avoir parlé à France Travail.
- Choisir l’ARCE uniquement pour le montant : si ton activité démarre lentement, tu te retrouves sans revenu mensuel.
- Dépenser tout le capital d’un coup : garde une réserve pour les cotisations et les mois creux. Pour estimer tes charges, voir les cotisations de l’auto-entrepreneur.
- Reprendre un CDI à temps plein avant le second versement : tu le perds.
- Croire aux offres de « démarches ARCE » payantes : la création de micro-entreprise et la demande d’ARCE sont gratuites.
Questions fréquentes
Quel est le montant de l’ARCE en 2026 ?
60 % de tes droits ARE restants à la date d’attribution, pour les droits ouverts après le 1er juillet 2023. France Travail retire 3 % pour la retraite complémentaire, puis la CSG et la CRDS.
Quand est versée l’ARCE ?
En deux fois : la première moitié quand toutes les conditions sont réunies, la seconde six mois plus tard si ton activité continue et si tu n’es pas en CDI à temps plein.
Peut-on toucher l’ARCE sans l’ACRE ?
Non. L’ACRE est une condition obligatoire. En micro-entreprise, demande-la à l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent ton début d’activité.
Peut-on cumuler l’ARCE et l’ARE ?
Non. Tu choisis entre le capital (ARCE) et le maintien mensuel d’une partie de l’ARE. Si ton activité s’arrête, tu peux ensuite retrouver le reliquat de tes droits, sous conditions.
L’ARCE est-elle intéressante en auto-entrepreneur ?
Oui si ton chiffre d’affaires démarre vite ou si tu dois investir au départ. Si tes revenus seront faibles ou irréguliers les premiers mois, le maintien de l’ARE est souvent plus sûr. Pour préparer la transition, lis aussi se reconvertir à son compte et le panorama des aides à la création d’entreprise.
